mercredi 20 février 2013

Festival du Film et Forum sur les Droits Humains


Du 1 au 10 Mars a lieu à Genève, le Festival du Film et Forum sur les Droits Humains! Nous vous encourageons à participer à cet évènement, vous trouverez toute la programmation sur le site du festival : www.fifdh.org
Les sujets sont multiples, les films très nombreux, ils sont généralement suivi d'un débat entre public et réalisateurs. L'occasion d'échanges enrichissant, et de découvrir de nouveaux points de vue, ou des histoires étouffées.

mardi 12 février 2013

Le Rythme de la Rue


            Le jour où j’ai rendez-vous avec Sam –un grand bouclé avec sa cigarette roulée au coin de la bouche, et photographe par passion- est une de ces journées hivernales et froides. C’est notre envie de rencontre avec l’humain qui nous a réunis, notre envie d’agir et de voir ce qui est bien présent et pourtant si souvent banni de notre champ visuel. Pas à pas nous nous dirigeons vers les Pâquis, Genève. Notre but : un photo-reportage sur la vie dans les rues de la cité de Calvin. Pas celle des businessmen courant d’un rendez-vous à l’autre, ni celle de l’étudiant qui gravite de l’Uni au petit café du coin, mais la vie de ceux pour qui la rue est  leur salon, leur chambre à coucher, leur bureau et leur centre de loisirs.
  
            Encore un peu coincés et surtout très timides, nous abordons les travailleuses du sexe. Nous ne savons pas bien choisir nos mots et dès que le terme photo franchit nos lèvres, un « non » bien distinct ne tarde pas à venir. Elles ont toutes leurs raisons…
« J’ai de la famille qui ne sait pas que je fais ce travail, donc, les photos, c’est impossible. » « Notre patron de salon ne veux pas qu’on fasse ça… »
Mais, à vrai dire, on n’est pas trop surpris. Cependant, ces courts instants nous permettent quand même d’apercevoir un tout petit peu les conditions compliquées dans lesquelles elles se trouvent : Des patrons de salon ayant trop de droits et tout ceci légalement, l’exposition à la violence et  -pour certaines- le stress de mener une vie parallèle cachée.
           
Puis nous rencontrons une femme très souriante, debout, toute seule sur un trottoir bien vide et gris. Nous échangeons quelques mots d’espagnol  et cela suffit pour créer un lien de sympathie. Nous lui expliquons notre quête et quelle surprise, elle est d’accord de poser pour une photo. Une photo pleine de joie de vivre !


            Nous suivons notre chemin, là où nos pieds nous portent et rencontrons « Moustik », un jeune punk. Il s’est fait racketté la nuit dernière. Il n’avait déjà rien et maintenant, il a encore moins, à part un papier de sortie de l’hôpital et un œil au beurre noir.
           
On l’accompagne au tabac du coin. Il est en manque. C’est là qu’on rencontre ses potes. On les suit…Et en parlant –tout simplement- sur des escaliers, on oublie le temps. C’est un de ces moments rares où une relation humaine est au centre. Notre apparence, notre formation, notre origine, notre passé, tout cela est secondaire. Ce qui compte, c’est ce moment de partage que j’ai rarement vécu sur les bancs de l'Université. En parlant, nous réalisons que, de part et d’autre, nous avons ressenti la froideur de cette ville, cette impersonnalité, ce je-m'en-foutisme…

            « A Paris, au moins les gens étaient sympas et on tenait ensemble. Ici, à Genève, c’est chacun pour soi. » « Genève, c’est le pire et je ne peux pas partir… »
            Mais pourquoi cet isolement social ?
            « Pendant la nuit, je dors avec un pote dans un immeuble qui reste ouvert, tout en haut. Un jour, le médecin qui habite cet immeuble nous a trouvés, mais il nous a laissés. »
            « Il y a des nuits où tu ne dors pas. »
            Dormicum, la réponse magique.
            Venez, on va vous présenter à des potes !
            Nous rencontrons un gars –silence-. Il part. « Lui, je le déteste, il fait sa loi. » L’ambiance devient très lourde pour un instant : on sent la violence subie.


 
            Nous continuons notre chemin avec eux avant de leur dire au revoir et de les voir partir dans la nuit du vendredi soir.
            A la gare, nous abordons un homme d’un certain âge, accompagné d'un ami qui -comme lui- est bien enveloppé dans sa grosse veste et son bonnet bien chaud. Ils ont raison : alors que chacun rentre chez soi la nuit tombant, pour eux le rideau ne se ferme pas, les coulisses restent les mêmes, ils attendent le matin.
            Très fier cet homme tient son accordéon. Cette rencontre est un bon exemple pour illustrer que la langue universelle comprise partout dans le monde est la musique. Ils ne parlent ni français, ni anglais, ni allemand, ni espagnol… Je suppose qu’ils parlent seulement le dialecte d’un petit village du fin fond des Balkans, mais le courant passe !
            L'un d'eux joue pour nous sur son énorme accordéon qui péclote un peu et les yeux de son collègue remplis de fatalité semblent regarder loin, loin…
            Un magnifique moment, dans la rue, sans user de beaucoup de mots et en passant inaperçus pour tous ces gens qui passent à côté de nous.

            Après cet après-midi avec Sam, dans la rue, je vous encourage tous à ouvrir vos oreilles, vos yeux et vos esprits à ces tragédies, ces belle mélodies et surtout à ces personnes vivant dans la rue.



Rebecca Hertzog, membre de l’ASC

vendredi 1 février 2013

Conférence : Les Projets Nationaux de Médecins du Monde


Médecins du Monde Suisse, c'est le thème de la seconde conférence ASC-ienne, organisée par Julie Rerat.

"En Suisse également, Médecins du Monde concentre l'essentiel de son action en faveur des populations le plus vulnérables au travers de deux projets : le Réseau Santé Migration et  Permanence Santé.

Médecins du Monde cherche a être sur le terrain aussi en Suisse pour défendre les populations fragiles, pour les aider à préserver leur santé et à trouver les lieux de soins, mais aussi pour mettre les autorités cantonales et fédérales devant leur responsabilité afin d'assurer une vie digne à tous les résidents de notre pays. Pour cela, l'aide concrète est essentielle et donne sens à toute notre action, mais elle doit aller de pair avec la collection de données chiffrées et de témoignages pour que Médecins du Monde ne soit pas seulement « assistentialiste» mais bien une force de changement et d'espoir qu'un autre monde est possible, où chacun pourra jouir d'une bonne santé."
Citation : www.medecinsdumonde.ch/en_suisse

Pour nous présenter ces programmes, et la vision de MdM ici et ailleurs, nous recevrons :

- Angela Oriti, directrice des Projets Nationaux MdM Suisse


- Anne Ansermet Pagot, directrice de Fleurs de Pavé, assocation de soutient aux prostitués, faisant partie de MdM Suisse.

- Manon Ramseyer, infirmière à Chaux-de-Fonds, nous présentera le projet Réseau Santé Migration qui lutte pour l'accès au soins des plus démunis.

- Ce programme sera suivi d'un débat passionné!

Nous vous attendons donc le Mardi 12 Février 2013, à 18h30, en salles séminaires SI-SII au Centre Médical Universitaire!