Le Quai 9 est un centre de consommation de drogues à moindre
risque ouvert aux consommateurs majeurs. Il se situe derrière la Gare Cornavin,
et appartient à l’association Première Ligne (www.premiereligne.ch)
Cette association lutte pour la réduction des risques liés à la consommation de drogue. Elle gère aussi le BIPS (Bus Itinérant
Prévention SIDA) auquel le Quai 9 est associé. Ce bus fournit aussi du matériel
propre pour l’injection.
On trouve au Quai 9 des assistants sociaux, des infirmiers,
et des agents de sécurité. Un médecin interniste, un psychiatre et la Navigation (centre de consultation spécialisé dans le traitement de substitution, géré par les Hôpitaux Universitaires de Genève) viennent également faire des consultations.
Le traitement de substitution est un acte médical consistant
à fournir une substance se rapprochant de la drogue habituellement consommée.
Cela permet de réduire les effets de manque dû à l’absence de drogue. On en
réduit ensuite peu à peu les doses jusqu’à sevrage complet du patient.
Historique :
Le Quai 9 a vu le jour il y a 20 ans sous l’impulsion du
Groupe Sida Genève, pour réduire la propagation du VIH (Virus
d’Immunodéficience Humaine = virus du SIDA) par la consommation de drogues. Cependant,
les activités divergent rapidement de celles du Groupe Sida Genève suite à une
augmentation importante de la consommation de cocaïne, à l’origine de nombreux
problèmes de santé (infections, cardiopathies, dégâts vasculaires majeurs,
abcès, amputations, risque d’infarctus du myocarde). Il est alors décidé
d’étatiser le Quai 9 en tant que centre d’injection à bas risque.
Pourquoi créer un tel centre de consommation ? N’est-ce
pas encourager la consommation ?
Le Quai 9 est un lieu de consommation à bas risque. C’est à
dire qu’en fournissant le matériel propre et adéquat à l’injection, et en
mettant à disposition du personnel médical ou para-médical, la consommation se
fait sans risque de transmission de maladies telles que le SIDA.
Attention : la substance n’est jamais injectée par le
personnel !
Le Quai 9 c’est avant tout un lieu de partage et d’accueil,
et un lieu d’informations pour les toxicomanes. Il propose aussi de la
réorientation et de la réinsertion sociale grâce au Pôle de Valorisation des Compétences Sociales. Enfin le Quai 9, comme toute structure médicale, garantie
l’anonymat des usagers.
Qui sont les usagers ?
Les usagers sont pour deux tiers, des hommes. On trouve
parmis eux beaucoup de SDF, principalement suisses mais aussi français, russes,
géorgiens et bien d’autres.
Quel impact a le Quai 9 ?
Les Hôpitaux Universitaires de Genève ont constatés moins
d’overdoses, et de nombreuses septicémies et amputations ont été évitées par un
dépistage précoce.
Comment se passe la prise en charge d’un patient par le Quai
9 ?
1-
Dépôt de matériel sale dans un container à
l’entrée
2-
Identification à l’aide d’un pseudonyme par un
assistant social
3-
Les usagers patientent, s’ils sont déjà trop
« shootés », ils leur sera demandé d’aller faire un tour ou
d’attendre avant la prochaine dose. Ceci est indispensable pour éviter à l'usager une overdose.
4-
Passage dans la salle de consommation à l’appel
de l’usager
a-
Fumoir : le consommateur se voit offrir une
paille pour la consommation par inhalation : cocaïne, héroïne,
benzodiazépines, métamphétamines, morphine. Le tabac y est autorisé aussi car
il fait souvent parti d’un rituel, mais le cannabis n’est pas admis.
b-
Tables de sniff
c-
Injections : Les injections sont attirantes
car l’effet est plus grand à moindre dose, c’est donc moins cher.
- Lavage et désinfection des mains OBLIGATOIRE
- L'usager se voit alors offrir un plateau avec du matériel propre
- La consommation dure au maximum 30 min. Puis le matériel est jeté, la table lavée et désinfectée et l'usager se lave et se désinfecte les mains avant de repartir.
Il y a des règles importantes à respecter pour éviter tout accident :
- Les surveillant, même soignants, ne peuvent ni préparer, ni injecter le produit. Ils peuvent cependant conseiller un site d'injection.
- Les consommateurs peuvent s'entre-aider mais il leur est interdit de préparer la substance pour quelqu'un d'autre.
Attention : aucune substance n’y est vendue ou offerte.
Le consommateur doit venir avec sa substance ou avec une prescription médicale
de thérapie de substitution.
Sécurité et risques :
En un an, on ne dénombre aucun mort d'overdose par
inhalation. Sur les 60 injections par jour, on compte environ 1 à
2 sur-dosage, et un surdosage par semaine nécessite l’appel d’une ambulance.
Chaque membre du personnel possède un certificat de
réanimation à jour. Le Quai 9 possède du matériel de
réanimation : défibrillateur, noradrénaline, dioxygène, naltrexone. La naltrexone est un antagoniste des opioïdes uniquement injectable par un médecin, il permet de contrer les effets de la morphine, de l'héroïnes et de tout autre opioïde. Si le patient a besoin d'une administration d'oxygène, le 144 est immédiatement prévenu.
La Doctoresse Anne François peut accueillir des étudiants en
médecine, qu’importe leur année d’étude, le vendredi en fin d’après-midi pour
suivre les consultations. Si vous êtes intéressés, contactez l’ASC : actionsantecom@gmail.com
Rebecca Gray
Bénédicte Jalbert

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire